Alcool et drogue : comment sensibiliser et protéger nos enfants ?

Conseils pratiques pour sensibiliser et protéger nos enfants !

Ci-dessous la retranscription du podcast

Selon une étude de l’OMS, un décès sur 20 dans le monde serait causé par l’alcool. 1 décès sur 20, cela fait beaucoup. Et récemment en Côte-d’Ivoire mon pays d’origine, 3 personnes de la même famille ont été percutées par un conducteur ivre de 23 ans et ont perdu la vie. C’est dramatique, c’est choquant ! C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de faire ce podcast pour parler de comment protéger nos enfants et comment les sensibiliser sur les risques liés à la consommation de l’alcool et de la drogue.

Bonjour, je suis Eunice Telhoro du Blog www.eduquersonenfant.com et à travers mes capsules, j’aide les parents à réussir l’éducation de leurs enfants.

Comme je le disais en introduction, la Côte d’Ivoire toute entière a été très bouleversée par le décès de trois personnes de la même famille. C’était un samedi matin de mai 2020, vers 6 heures et demie. Le couple ainsi que leur fils, des personnes respectables et respectées allaient faire du sport, de la marche, et ils ont été tous percutés par un conducteur ivre de 23 ans qui n’avait pas le permis de conduire. Les trois individus sont morts. C’est dramatique, c’est choquant et cela fait très mal au cœur.

J’ai décidé de faire ce podcast non pas pour m’insurger contre le conducteur, contre sa famille, contre ses amis, etc. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui l’ont déjà fait. C’est vrai que cet acte est condamnable. Je ne veux pas en rajouter, je voudrais surtout m’adresser aux parents et donner quelques pistes, quelques conseils aux parents sur la manière dont ils peuvent sensibiliser leurs enfants sur les risques liés à la consommation de l’alcool, la drogue et ainsi éviter certains drames à la société.

L’adolescence, une période délicate

La première consommation d’alcool arrive en général à l’adolescence. Je vous pose cette question : quand avez-vous bu votre premier verre ?

L’adolescence est une période de risques, une période pendant laquelle on a envie de tenter beaucoup d’expériences. On s’estime grand, on a envie par curiosité de faire certaines expériences. Et si l’on n’est pas sensibilisé sur les risques liés à certaines de nos expériences, on peut les faire à nos dépens et causer aussi du tort à d’autres personnes.

Plusieurs adolescents sont des buveurs et des fumeurs occasionnels à l’insu de leurs parents.

Mon expérience avec cette adolescente

Je me souviens qu’un matin j’étais chez moi (je n’habite pas loin d’un établissement scolaire) et que depuis le balcon, j’ai aperçu une jeune fille, une adolescente en uniforme d’école en train de fumer une cigarette. J’ai eu tellement mal au cœur que je suis descendue de mon appartement pour aller la voir. J’avais quand même quelques appréhensions.

Je me suis dit qu’elle aurait pu penser « De quoi se mêle cette dame ? C’est ma vie ! Ca ne la regarde pas. Si j’ai envie de fumer, je fume ».

J’ai interpelé la jeune fille :

«Tu peux venir s’il te plaît ? »

 Elle était un petit peu surprise :

« – Moi ? 

– Oui, oui, toi ». Elle s’est donc approchée.

Je lui ai demandé « Comment t’appelles-tu ? » et elle m’a dit son prénom.

Je lui ai expliqué : « Tu vois, je suis descendue parce que j’étais en haut et que je t’ai vue fumer. J’ai eu tellement mal au cœur que je me suis dit que je ne pouvais pas te laisser partir comme cela. Il y a plusieurs adultes que tu vois autour de toi qui fument et qui souhaiteraient vraiment arrêter, mais qui n’ont pas la force d’arrêter parce qu’ils ont justement développé une addiction à la cigarette. Tu es jeune, tu es adolescente et tu sais, le fait de fumer n’est peut-être pas encore une addiction pour toi. Si j’ai un conseil à te donner, c’est : arrête avant que ce ne soit une addiction parce que ces adultes que tu vois et qui fument, si tu vas discuter avec eux et que tu leur demandes s’ils auraient fait le même choix que toi à ton âge, plusieurs auraient dit non, je n’aurais pas dû le faire ».

La petite m’a regardé avec des yeux tellement innocents… J’ai été quelque peu surprise par son degré de réceptivité, parce que je me suis dit qu’elle aurait pu se braquer mais non. Au contraire, elle m’a remerciée. J’avais sur moi un livre chrétien que je lui ai tendu et je lui ai dit : « Approche-toi du Seigneur, prie, accroche-toi à lui et Il t’aidera à prendre de très bonnes décisions pour ta vie. C’est ainsi que tu vas réussir ta vie ». 

Elle m’a dit « Oh merci tata, merci tata », avec une telle douceur et cela m’a interpellée.

Je me suis dit que cette jeune fille avait juste peut-être besoin d’être sensibilisée. Après, je ne sais pas la suite de l’histoire. A-t-elle continué à fumer ? A-t-elle arrêté ? Je n’en sais rien.

Seulement, j’ai été heureuse de lui parler. Elle pourra dire qu’un jour elle a rencontré quelqu’un qui l’a avertie sur ces dangers.

Il est important de sensibiliser nos enfants !

C’est la raison pour laquelle j’estime qu’il est important que nous parents puissions sensibiliser nos enfants. Des fois on n’y pense pas parce qu’on est très occupés avec le travail, on bosse, on a plein de défis et de projets, on pense à mille et une choses et des fois, on oublie de parler de ces sujets là avec nos enfants alors qu’ils sont vraiment important.

Consommer de l’alcool et de la drogue pendant l’adolescence présente de gros risques

En consommant régulièrement de l’alcool ou de la drogue, un ado s’expose. Le cerveau d’un enfant est en pleine croissance et à l’adolescence, il n’a pas encore fini de maturer, et quand ce cerveau-là reçoit de la drogue, la drogue est un frein à son bon développement. Donc l’adolescent s’expose à certains risques comme des troubles de mémoire, de concentration et cela représente une réelle menace pour ses études.

De plus, en consommant régulièrement de l’alcool, un adolescent s’expose à de l’ivresse. Quand on est sous l’effet de l’alcool, il y a plein de gaffes, de bêtises qu’on peut faire : conduite à risque, rapports sexuels non protégés, abus, etc. Il faut que nos ados soient informés de ces risques-là, parce que si nous parents ne leur parlons pas d’alcool, ils iront s’informer à la télé, sur internet, avec leurs amis qui leur raconteront autre chose, qui leur parleront d’un autre son de cloche.

Il est important donc d’avoir une bonne communication avec ses enfants, une excellente communication avec ses enfants pour leur parler de ces choses.

Les facteurs de risques

Qu’est-ce qui peut favoriser la consommation de drogue ou d’alcool chez un adolescent ?

Les mauvaises fréquentations

Il y a d’abord en numéro 1, les mauvaises fréquentations. C’est quand même rare de voir un enfant qui se lève tout seul et qui va s’asseoir dans un bar pour s’enivrer. En général ce sont les amis qui l’influencent. Comment ? Au travers de certaines fêtes ou à travers des sorties planifiées. Donc si votre enfant a de mauvaises fréquentations, il a plus de risques de consommer de l’alcool et de la drogue dans son adolescence. Vous devez faire attention aux fréquentations de vos enfants, chercher à connaître les amis de vos enfants, vous assurer que ces derniers sont de bonne moralité. Il faut de manière générale encourager vos enfants à fréquenter des amis de bonne moralité et à s’éloigner des amis de mauvaise moralité parce que les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. 

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Trop de liberté

Ensuite, il y a le fait d’avoir trop de liberté : sortir quand on veut, rentrer quand on veut, aller où on veut. Lorsque votre enfant sort, vous devez savoir où il va. Vous devez lui fixer une heure de retour aussi à la maison. Il ne doit pas sortir, aller se balader avec des personnes que vous ignorez, aller dans des lieux que vous ignorez et rentrer quand il veut. Même si votre adolescent réclame plus de liberté, il a encore besoin de votre protection parce qu’il reste vulnérable et influençable.

Il faut donc le canaliser, il faut limiter les sorties. Avant, il avait peut-être droit à moins de sorties mais maintenant, même s’il peut sortir plus souvent, aller un peu plus loin, il faut quand même que l’espace soit délimité. Et lorsque vos enfants vont à une fête ou participent à une sortie, il faut vous assurer qu’un adulte de confiance est dans les parages. Je n’ai pas dit qu’un adulte est dans les parages, mais plutôt qu’un adulte de confiance est dans les parages. Parce qu’il y a une différence entre adulte et adulte de confiance. Il y a un psychologue qui disait que laisser des enfants de moins de 16 ans tous seuls à une fête avec consommation d’alcool, c’est de la non-assistance à personnes en danger. On ne sait pas comment est-ce que la fête peut tourner. Il faut donc quand même cadrer les sorties, ne pas laisser les enfants aller où ils veulent, quand ils veulent. Cela peut contribuer à les protéger.

Trop d’argent de poche

Il y a aussi le fait de recevoir un peu trop d’argent de poche. Oui. Parmi les facteurs qui favorisent la consommation de l’alcool et de la drogue il y a cela, le fait de recevoir un peu trop d’argent de poche. Quand un ado a beaucoup d’argent et qu’il sort, qu’est-ce qu’il fait ? Il achète encore plus de bouteilles d’alcool ou plus de drogue qu’il va partager à ses amis.

Les émotions négatives

Il y aussi les émotions négatives comme le stress, l’anxiété, un sentiment de rejet. Si chez vous à la maison vous avez beaucoup de tensions et que vos enfants vont mal émotionnellement, ils sont plus fragiles et ils ont plus de risque de virer dans l’alcoolisme, dans la consommation de la drogue.

Le manque de sensibilisation

Comme autre cause, il y a le manque de sensibilisation. Un enfant qui n’est pas averti reste vulnérable, il faut donc sensibiliser ses enfants.

Vos normes familiales ont un impact non négligeable sur vos enfants

Pour plusieurs enfants, le cadre familial représente le lieu de découverte de l’alcool, et les parents sont les premiers modèles de consommation. Ce que je vais dire est vraiment important là. Vous savez, les normes véhiculées au sein de votre famille ont un impact non négligeable sur le rapport à l’alcool que vos enfants développeront. Si vous ne consommez pas d’alcool chez vous, il y a de fortes chances que vos enfants ne soient pas attirés par l’alcool. Si vous en consommez et que vous vous mettez ivre souvent, vous augmentez les chances que vos enfants demain abusent de l’alcool. Donc si vous consommez de l’alcool à la maison, soyez modérés.

Et pensez à inculquer à vos enfants, en particulier à vos garçons qu’être capable de consommer de l’alcool en grande quantité, contrairement à ce que la publicité essaie de nous faire croire (on nous montre des personnes qui sont fortes, viriles, musclées qui consomment de la bière et autres…), être capable de consommer de l’alcool en grande quantité ne représente en rien un signe de virilité. Votre enfant n’a pas à prouver à ses amis qu’il est fort, qu’il est un vrai garçon en consommant de l’alcool.

Sensibiliser en instaurant une excellente communication

Pour sensibiliser vos enfants sur la consommation de l’alcool, vous devez instaurer une excellente communication avec ces derniers et sans virer dans l’exagération, leur raconter des histoires. Racontez-leur des drames qui se sont produits. Si vous exagérez, vos enfants ne vont pas vous croire, vous allez manquer de crédibilité mais en restant vrais, réalistes, en leur expliquant la réalité de certains faits, vous aurez un meilleur impact.

Vous pouvez aussi partager des expériences avec vos enfants. A quel âge avez-vous touché à votre premier verre ? Est-ce que cela vous est déjà arrivé d’être ivre ? Qu’est-ce que vous avez fait ? Pourquoi est-ce que vous le regrettez aujourd’hui ? Pourquoi vous déconseillez à vos enfants de reproduire ce que vous avez fait dans le passé ?

Vous devez donc parler à vos enfants et aussi les écouter. Ils ont peut-être une certaine pression de la part de leur pairs. S’ils vous partagent leurs pressions, écoutez-les sans les juger. Sinon si vous les jugez, vos enfants ne vont pas s’ouvrir à vous et vous ne serez pas tenu au courant pour pouvoir les aider.

Sensibiliser de manière pratique

Comment sensibiliser vos enfants concrètement ? Plusieurs adolescents ne prévoient pas de boire, ils se laissent entraîner par leurs amis. Donc si vous voulez que vos enfants soient forts, vous pouvez anticiper avec eux certaines scènes, les aider à se mettre en situation.

Expliquez à vos enfants que s’ils se retrouvent confrontés à une certaine pression de la part de leurs amis, ils ne sont pas obligés de se jouer les héros. S’ils se retrouvent à une fête et que certains amis lancent des défis stupides « Ah oui, celui qui réussit à boire 8 verres a gagné ». Excusez-moi mais ce sont des défis absolument stupides et vos enfants ne sont pas obligés de suivre le mouvement. “Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort” et par moment il faut opter pour être un chien vivant plutôt que de vouloir être un lion mort. 

On a donc dit qu’il fallait parler à ses enfants, les sensibiliser sur les risques, l’ivresse, les grossesses à risques, les addictions, les échecs scolaires, etc. On a dit qu’il fallait surveiller les fréquentations, faire en sorte, veiller à ce que vos enfants aient des amis de bonne moralité, contrôler les sorties, s’assurer qu’il y ait au moins un adulte de confiance dans les parages, il ne faut pas laisser l’enfant tout seul. On a dit qu’il fallait aussi faire attention à l’argent de poche, ne pas en donner en excès.

Instaurer deux règles non négociables

Maintenant que vous avez fait tout cela que vous avez anticipé avec vos enfants des scènes, que vous les avez aidés à se mettre en situation, vous leur avez dit comment est-ce qu’ils devraient réagir, vu qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver, il va falloir prendre encore une autre précaution : pensez à instaurer ces deux règles non négociables, absolument non négociables.

Règle n°1 : Votre enfant ne doit jamais, alors jamais, prendre le volant d’une voiture s’il a bu et bien entendu s’il n’a pas le permis de conduire. S’il a bu et s’il n’a pas le permis de conduire, il ne doit absolument pas prendre le volant d’une voiture. 

Règle n°2 : Votre enfant ne doit jamais, jamais, jamais accepter de se faire conduire par quelqu’un qui a bu. Dites-lui que quelle que soit l’heure, qu’il vous appelle, vous viendrez vous-même le récupérer quel que soit l’endroit où il est.

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Comment savoir si mon enfant consomme de la drogue ?

Plusieurs enfants consomment de la drogue ou de l’alcool à l’insu de leurs parents. Il faut savoir que certains adolescents sont des buveurs ou des consommateurs de drogue occasionnels, certains le font juste par curiosité, certains en consomment régulièrement et puis il y en a d’autres qui commencent à développer une certaine addiction. Je vais vous partager quelques indices de consommation de drogue chez un adolescent. Si vous remarquez :

  • Un changement brusque de fréquentations : votre enfants a des amis qui sont « bizarres » et qui ne sont pas de bonne moralité, faites attention.
  • Un certain décrochage scolaire : votre enfant avait de bonnes notes en classe et subitement, vous constatez que ses notes dégringolent, connaissent une certaine chute libre, que votre enfant a une perte d’intérêt générale pour les études, l’école ne l’attire plus.
  • De l’isolement : un enfant qui devient fuyant, qui évite de participer aux moments de rassemblement familiaux, aux moments conviviaux avec vous et ses frères, il y a peut-être anguille sous roche. Il évite par exemple les déjeuners, les dîners, les sorties en famille ; il est tout le temps dans sa chambre, s’enferme, il y a peut-être anguille sous roche.
  • De l’agressivité

Je ne dis pas que tous ces indices veulent forcément dire que votre enfant consomme de l’alcool ou de la drogue, non. Ces indices peuvent vous alerter et faire en sorte que vous preniez des précautions.

Si vous remarquez aussi :

  • Des retours tardifs à la maison malgré les règles : votre ado qui rentre à n’importe quelle heure et qui invente plein d’excuses à dormir debout, des histoires qui ne tiennent pas la route, il y a peut-être anguille sous roche.
  • Une mauvaise hygiène corporelle : il ne se brosse plus les dents, il ne se rase plus la barbe, il ne se lave plus, il ne se coupe plus forcément les cheveux… Faites attention à son odeur corporelle. L’odeur de la fumée, l’odeur de l’alcool sur les vêtements, tout cela représente des indices.

Si vous constatez aussi une certaine fatigue inhabituelle chez votre enfant, associée à ces différents comportements là, il y a peut-être anguille sous roche.

Que faire en cas de soupçon ?

Si vous soupçonnez votre adolescent de consommer ou d’avoir consommé de l’alcool ou de la drogue, une discussion franche avec ce dernier est fortement recommandée. Sans le juger, appelez-le et exprimez-lui votre inquiétude. Echangez avec lui pour comprendre. Il ne faut pas lui dire : « Ah toi je sais que tu consommes de la drogue » et commencer à l’accuser. Non. Il faut plutôt dire : « Je suis inquiet(e) en tant que ta mère ou en tant que ton père parce que je remarque certaines attitudes qui ne me rassurent pas. Je t’aime et je veux que tu réussisses, je veux que tu aies un bon avenir, c’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’échanger avec toi. »

 Et posez-lui la question de savoir s’il en consomme, s’il en a déjà consommé. Maintenez un certain climat de confiance pour qu’il s’ouvre à vous parce que si vous paraissez choqué, horrifié ou si vous le jugez, vous le grondez, vous le rejetez, qu’est-ce qu’il va faire ? Il va se renfermer et ne plus vous parler. Donc, s’il vous avoue qu’il en a consommé, essayez de savoir s’il l’a fait juste par curiosité, s’il le fait occasionnellement ou si cela devient régulier parce que la conduite à tenir va dépendre de ces réponses-là. Est-ce qu’il a l’intention de continuer ? Est-ce qu’il compte arrêter ?

Mon enfant consomme de l’alcool ou de la drogue, que faire ?

Si votre enfant vous fait savoir qu’il a occasionnellement consommé de l’alcool ou la drogue, ne vous offusquez pas, ne surréagissez pas. Sensibilisez-le sur les risques, rappelez-lui les risques, et prenez ensemble des résolutions et convenez avec lui de qualifier l’incident d’accident à ne plus reproduire et encouragez-le à ne plus le reproduire.

Par contre si vous constatez qu’il commence à consommer régulièrement de l’alcool ou de la drogue, il peut être salutaire de lui interdire de fréquenter certains amis. Oui, c’est un adolescent mais vous restez encore le parent, il est sous votre responsabilité. Donc vous pouvez lui interdire de fréquenter certains amis, vous pouvez limiter ses sorties. Vous avez ce droit-là. Vous pouvez décider de réduire son argent de poche pour ne pas qu’il l’utilise pour faire n’importe quoi. Vous pouvez aussi décider de lui faire changer d’école ou d’environnement. En Afrique, c’est courant. Il arrive en tout cas que l’enfant aille vivre chez son oncle ou chez sa tante, qu’il change d’environnement. Si les parents n’arrivent plus à le canaliser, ils peuvent demander l’aide de l’oncle ou de la tante et cela a aidé bon nombre d’enfants qui se sont assagis en allant vivre quelques mois, chez un oncle ou chez une tante, en voyant bien sûr papa et maman parce que l’enfant a quand même besoin de ses parents.

Aimer de manière inconditionnelle

Par-dessus tout, votre enfant ne doit pas se sentir rejeté ou jugé, parce que s’il se sent rejeté ou jugé, vous le traitez d’alcoolo, de toxico, de tous les noms, vous allez lui coller une étiquette qui ne va pas l’aider. Votre enfant doit savoir que l’aimez de manière inconditionnelle et que parce que vous l’aimez, vous êtes dans l’obligation de le protéger et c’est la raison pour laquelle vous mettez en place toutes ces restrictions-là, pour le protéger, pour éviter qu’il ne s’enfonce, qu’il ne sombre.

Demander l’aide d’un centre de désintoxication

Si votre adolescent devient un consommateur abusif de drogue ou d’alcool, si vous remarquez qu’il vole, qu’il ment, qu’il fugue, vous avez besoin d’aide et lui aussi il a besoin d’aide.

Dans ce cas-là, il vous faut vous armer d’une bonne dose de patience, d’une bonne dose d’amour et de persévérance. Echangez avec votre enfant quand il est lucide.

Sous l’effet de l’alcool, de la drogue, lorsque votre enfant n’est pas lucide, cela ne sert à rien d’échanger avec lui pour lui faire passer des messages parce qu’il n’est pas lucide.

Quand il revient à lui-même, échangez avec lui et avec son consentement, faites-vous accompagner par un centre de désintoxication. Il y a plusieurs centres qui existent.

Je ne vous dis pas que le parcours sera facile, c’est pour cela que je parle de s’armer de courage et de persévérance parce que votre enfant a besoin d’aide et il faudra l’accompagner pour qu’il remonte progressivement la pente… Le gros challenge sera de convaincre votre enfant d’accepter de se faire accompagner parce que si votre enfant ne le veut pas, ce sera difficile.

C’est la raison pour laquelle dans ce podcast, j’ai beaucoup insisté sur les moyens de prévention parce qu’il vaut mieux prévenir que guérir et puis je ne vous souhaite pas d’en arriver à ce stade-là. Après si vous arrivez à ce stade, ce n’est pas que votre cas est fichu, qu’il est fatal. Plusieurs personnes ont eu des problèmes avec l’alcool, la drogue et ont réussi à se réinsérer, à se reprendre en main certes, mais le chemin n’est pas facile.

Chers parents, sensibilisons donc nos enfants, avertissons-les sur les dangers et les risques liés à la consommation de l’alcool et de la drogue pour éviter d’être un nœud pour la société. Ce sera tout pour aujourd’hui.

Si vous désirez réussir l’éducation de vos enfants, vous êtes libres de téléchargez gratuitement mon e-book : « 26 secrets pour faire de vos bouts de choux des modèles » sur www.eduquersonenfant.com. Et si vous souhaitez recevoir régulièrement d’autres conseils, vous pouvez vous abonner aux différentes pages YouTube, Facebook et Instagram. A très bientôt !

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15 commentaires

  • Bonjour,
    Merci pour ce podcast très sensibilisant !
    En tant qu’infirmière j’ai eu l’opportunité de travailler dans un service d’urgence…
    Et j’en ai vu des adolescents proche du coma éthylique atterrir aux urgences. Bien souvent, lié à un manque de prévention…
    Les enfants apprennent de leurs expériences, et l’on ne peut pas tout contrôler.
    Alors je pense qu’il est même indispensable d’en parler avec eux avant qu’ils se trouvent dans une période à risque…Ainsi, ils feront leur choix en toute conscience 🙂
    Bonne journée,
    Sophie

    • Effectivement Sophie ! Il est important de sensibiliser avant même l’adolescence ! Merci pour le partage.

  • Très édifiant, alors comment faire si le soupçon est porté sur l’enfant d’une voisine,une amie ou une connaissance comment procéder pour ne pas vexé ?

    • Hello Sandrine :-), à mon avis il vaut mieux tout de même en parler à la voisine. Elle se vexera peut-être sur le champ mais elle se rendra très probablement compte plus tard que l’intention était bonne et ne visait que le bien de son enfant. J’aurais commencé par lui dire que je suis désolée si ce que je vais lui dire la vexe et que ce n’est vraiment pas mon intention… Ensuite je poursuivrai en disant que j’aime son enfant, que je désire son bien… et que c’est la raison qui me pousse à lui faire part de ce que j’ai à lui dire… voili voilou

      • Bonjour, Mme Eunice
        Merci pour le podcast très instructif.. Merci pour tous les conseils .Courage pour votre combat, notre combat pour faire de nos enfants des bonnes personnes de demain. Demeurez bénis !

  • Merci Mme Eunice Telhoro pour ce podcast très instructif pour moi.
    Effectivement un bon encadrement et une communication tôt avec les enfants, peut participer en grande partie à leur donner les moyens de réagir comme il faut face à ces deux “fléaux” de notre jeunesse.
    J’en ai vu les dégâts sur des neveux et en ai été attristé; que Dieu m’en garde pour mes propres enfants.
    Cdt.
    P.S: Je partagerai le podcast à d’autres parents que je connais pour participer à poursuivre la chaine d’instruction.

  • Merci pour le message de sensibilisation. C’est une question très importante à aborder avec les adolescents qui souvent sont exposés sans savoir à savoir toutes les conséquences liées à tel ou tel choix.
    Dieu nous aide à véritablement jouer notre rôle de parents.

  • Bonjour,
    Merci pour ce podcast très sensibilisant ! En tant que Éducateur Spécialisé l’une des missions consiste à travailler auprès d’enfants, adultes, familles et groupes en difficulté en situation de vulnérabilité ou de handicap auprès desquels je contribue à créer les conditions pour qu’ils soient protégés et accompagnés, considérés dans leurs droits et puissent les faire valoir. Chère Madame je suis heureux que vous vous inscriviez dans cette démarche éducative et sociale globale, des personnes, des groupes ou des familles en difficulté dans le développement de leurs capacités de socialisation, d’autonomie, d’intégration ou d’insertion
    votre démarche réflexive intervient dans le respect de l’altérité. Merci à vous !!

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