Quatre erreurs à éviter quand on élève seul (e) son enfant

Lorsque l’on parle de famille, la composition qui vient naturellement à l’esprit est celle-ci :

Papa + maman + enfant(s)

Pourtant, il existe une autre configuration, qui est de plus en plus fréquente dans nos sociétés, celle de la famille monoparentale. Elle se compose comme suit :

  • Papa + enfant(s) ou
  • Maman + enfant(s)

Comme vous pouvez le constater, il s’agit d’une famille dans laquelle l’un des parents a la lourde responsabilité d’élever tout seul les enfants.

Ayant été élevée par ma mère, j’ai eu l’opportunité de vivre à ma petite échelle d’enfant, certaines difficultés auxquelles les familles monoparentales sont confrontées. Et cela m’a permis de réaliser que la tâche est loin d’être aisée.

Je suis aujourd’hui très reconnaissante au Seigneur de m’avoir fait la grâce d’être mariée et de pouvoir élever mes enfants avec leur papa. En écrivant cet article, je souhaite surtout sensibiliser et encourager les parents solos.

Si vous êtes tout(e) seul(e) à élever vos enfants, sachez qu’au-delà de toutes les complications que cette situation peut présenter, il existe certaines erreurs à ne pas commettre. Si vous désirez réussir l’éducation de vos enfants, vous devez les connaître et veiller à ne pas tomber dans les pièges qui font succomber bon nombre de parents solos.

Dur, dur d’élever son enfant tout(e) seul (e) !

Éduquer un enfant à deux représente déjà un véritable défi, à fortiori l’éduquer tout seul(e).

Dans une famille « normale », il y a un père qui joue tant bien que mal son rôle de père et une mère qui joue également tant bien que mal son rôle de mère. Les deux parents peuvent s’entraider, se suppléer, se compléter, se relayer… dans la prise en charge de leurs enfants. Même si cela représente un gros avantage, la tâche reste tout de même complexe pour chacun des deux parents parce qu’éduquer un enfant est un travail à plein temps qui demande beaucoup d’énergie, de ressources, de temps et de patience… Entre les crises quotidiennes, l’amour et l’attention à donner, les bobos à gérer, les activités professionnelles, les tâches ménagères… on peut très vite se retrouver submergé.

Dans une famille monoparentale, l’équation est encore plus difficile puisque vous vous retrouvez tout(e) seul (e) la plupart du temps ou tout le temps à assurer le bien-être de vos enfants et à endosser tous les rôles : celui du père, de la mère, du confident, du répétiteur, de l’infirmier,  du chauffeur, du coursier… Dans ce contexte, un parent en situation de monoparentalité a naturellement tendance à se remettre constamment en question, à se demander s’il est à la hauteur.

Un parent seul a quelque part subi un traumatisme

Il faut être à deux pour faire un enfant. Quand vous vous retrouvez tout seul à éduquer votre enfant, cela implique que vous avez quelque part vécu un choc et votre petit aussi. Vous n’êtes plus avec son papa ou sa maman parce que :

  • Il y a eu rupture de la relation, du lien affectif que vous aviez avec lui/elle. Toute séparation du genre est difficile. Quelles qu’en soient les raisons, votre âme a été blessée. Vous ressentez probablement un sentiment d’échec et cela n’est pas toujours facile à gérer. Vous vous sentez parfois seul(e) face à l’inconnu ou alors
  • Ce dernier ou cette dernière n’est plus de ce monde. Vous avez donc vécu un deuil et votre enfant aussi. Votre moitié vous a été arrachée, et cela vous a émotionnellement fragilisé.

Dans tous les cas, vous avez à charge des enfants qui nécessitent que vous vous remettiez sur pied le plus tôt possible, car les responsabilités vis-à-vis de ces derniers demeurent malgré tout. Et le fait de vous voir rebondir, les aidera sûrement à rebondir plus facilement.

Les conflits avec l’autre parent compliquent la donne

Lorsque l’autre parent est en vie, il est fort probable que des conflits surgissent. La rancœur et la colère sont généralement les sentiments que l’on ressent après une rupture ou un divorce et cela se perçoit généralement dans les décisions à prendre concernant les enfants.

Parfois des disputes éclatent au sujet de la garde de l’enfant, de sa prise en charge financière, on se rend compte que les valeurs ne sont plus si compatibles… Le tribunal est saisi… Il peut s’en suivre une série d’aller-retour de procédures judiciaires…

Tout ceci reste en définitive très éprouvant émotionnellement et financièrement pour les deux parties et malheureusement aussi pour l’enfant.

Complexité n’est pas fatalité !

Que l’autre parent soit décédé ou toujours en vie, éduquer son enfant tout seul n’est pas une situation de tout repos. Tout enfant a besoin d’un papa et d’une maman pour son équilibre. Mieux, le fait de voir papa et maman entretenir une relation harmonieuse favorise en chaque enfant, une excellente santé émotionnelle.  

Tout est possible à celui qui croit. Si vous vous retrouvez dans une famille monoparentale, la première étape pour tirer votre épingle du jeu est d’accepter que votre situation soit différente et plus complexe que celle des familles « normales ». Retroussez vos manches, guérissez de vos blessures, armez-vous de courage et affrontez votre condition !

Votre enfant a besoin de vous voir debout et non à genou. Soyez-donc sur vos pieds, prêt(e) à le combler d’amour, à remplir son réservoir émotionnel, à lui donner une bonne éducation et à faire ce qui est en votre possible pour ne pas qu’il ne souffre davantage de la séparation avec l’autre parent.

Chemin faisant, ne commettez surtout pas ces erreurs !

1.    Stop à l’isolement !

Ne vivez pas en autarcie. Faites appel à votre famille, à vos amitiés (papi, mamie, tata, tonton…) pour obtenir de l’aide.

Si votre enfant n’a aucun contact avec son autre parent (parce qu’il est décédé ou parce que celui-ci l’a abandonné), efforcez-vous de trouver dans votre entourage, une figure maternelle ou une figure paternelle de substitution qui incarnera le rôle de père ou de mère pour votre enfant. Ne recherchez pas quelqu’un de parfait, essayez plutôt de trouver quelqu’un qui l’aime et qui pourrait l’inspirer d’une manière ou d’une autre. Cette personne pourrait être être votre frère, votre cousin, une amie, une tante…

Vous pouvez également faire fréquenter à votre enfant, des foyers stables et harmonieux. Ce type de fréquentations lui permettra de se faire une image saine de la vie en famille et de reproduire ce modèle une fois devenu adulte.

Si l’autre parent est toujours en vie et disposé à jouer son rôle, ne l’empêchez surtout pas de voir son enfant tant que cela ne présente aucun danger. Il peut être très tentant en effet de le faire après une rupture pour se venger, mais sachez qu’en agissant de la sorte, vous causez également un grand tort à votre propre enfant. Vous l’exposez délibérément à un manque affectif. Une fois devenu autonome, votre enfant pourrait très bien renouer à votre insu avec l’autre parent et vous en vouloir de l’avoir privé de son père ou de sa mère durant toutes ces années.

2.   Stop à la bagarre avec l’autre parent !

Voir ses parents se bagarrer fait partie des événements les plus déstabilisants pour un enfant. Évitez donc de raconter à votre petit(e) comment son père ou sa mère vous a maltraité(e) ! Ne lui racontez pas vos déboires sentimentaux ! Ne diabolisez à aucun moment l’autre parent ! Ne vous érigez pas en victime aux yeux de votre enfant, il n’en a pas besoin à son jeune âge. Si vous le faites, vous nuirez à sa santé émotionnelle.

Pour avoir une saine image de sa personne, votre enfant doit avoir une bonne estime de son père et de sa mère, parce qu’un parent reste un repère : « Honore ton père et ta mère afin que tu sois heureux et que tes jours se prolongent sur la terre », c’est le cinquième commandement.

 Ne montez donc pas votre enfant contre son autre parent et ne soyez pas la cause de sa mauvaise conduite vis-à-vis de ce-dernier.

Si l’autre parent n’a pas un comportement exemplaire, au lieu de le critiquer, efforcez-vous autant que possible de le couvrir auprès de son enfant, non pas pour lui faire plaisir, mais pour protéger votre petit qui n’a pas la maturité suffisante pour supporter la charge émotionnelle que vous lui transmettez en dénigrant l’autre.

3.   Stop au laxisme !

Lorsque votre enfant fait une gaffe, ne dites surtout pas : « Son père ou sa mère n’étant pas là, il faut que je sois gentil. Il souffre déjà assez, je ne vais pas en rajouter. Je ne veux pas lui faire de mal ».

Ne pas corriger votre enfant parce qu’il souffre déjà de la séparation avec l’autre parent est une erreur grave. De même qu’il faut donner de l’amour, il faut aussi rappeler à l’ordre lorsqu’il y a écart de conduite.

Vous ne devez absolument pas sombrer dans le laxisme. N’oubliez pas que les enfants sont parfois des manipulateurs en puissance. Ils font du chantage à leurs parents et guettent leur réaction.

Après une gaffe, s’il est puni par sa maman, un enfant pourra très bien lui dire : «Maman, tu ne m’aimes pas, je veux aller vivre chez papa ! ». Et lorsqu’il est puni par papa : « Papa, tu ne m’aimes pas, je veux aller chez vivre chez maman  ! ».

Sans toutefois virer dans l’autoritarisme, ne vous laissez pas prendre au piège ! Remonter les bretelles à ses enfants avec amour : voici la clef. A ce propos, je vous recommande cet article qui explique comment corriger son enfant de manière constructive.

4.   Jeter son dévolu sur son enfant

Votre enfant n’est pas Dieu. Il ne doit donc être ni le centre, ni le sens de votre vie sinon vous courez un grand danger. Un jour, il partira. Il s’en ira voler de ses propres ailes et bâtir sa propre famille. Ce jour-là, si vous avez renoncé à tout pour lui, vous vous retrouverez plus seul(e) que jamais. Mieux, vous risquez d’être amer et de le qualifier d’ingrat. Et pourtant, la vie est ainsi faite.

  • Alors, faites-vous des amis et prenez soin de vos amitiés !
  • Ayez des rêves et travaillez à ce que vos projets prennent vie !
  • Prenez soin de vous et vivez votre vie !

Pour finir, soyez-en sûr(e), des difficultés, vous en rencontrerez, mais tenez bon ! Plusieurs parents solos ont réussi à forger des adultes responsables, épanouis et heureux. Levez les yeux et regardez autour de vous, vous trouverez certainement des modèles.

Aujourd’hui plus que jamais, je suis très admirative de ma mère. Attentionnée, aimante, rigoureuse et serviable, elle a su nous transmettre à mon frère et à moi des valeurs sûres.

Alors, pourquoi pas vous ?

Voici donc décrites ces quatre erreurs à éviter lorsqu’on élève seul(e) ses enfants , en connaissez-vous d’autres ? Si oui, je vous invite à les laisser en commentaire.

Si vous avez aimé cet article et que vous pensez qu’il peut faire du bien à un parent solo, n’hésitez pas à le partager !

Cet article existe en version vidéo. Cliquez ici pour la visualiser !

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2 commentaires

  • C’est tellement vrai.
    J’élevais seule ma fille et vu qu’elle va à l’école ailleurs, on ne passait pas beaucoup de temps ensemble.
    j’avais sombrer dans le laxisme; Cela a poussé ma fille, à la rébellion, aux caprices…
    A un caprice s’ajoutait un autre, C’était vraiment difficile.
    En cherchant de l’aide je me suis abonnée à parents 2.0, à la chaîne youtube et page facebook de Eunice T.
    A cela j’ai ajouté la prière.
    Je suis moi-même étonnée des résultats, ma fille s’est assagi et nous vivons heureuses maintenant.
    Merci Mme TELHORO, vous êtes une bénédiction.

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